Guérir les mots blessés (4)
Les liaisons de l'euro
Je voudrais joindre ma contribution à la rubrique ‘’Guérir les mots blessés’’ créée par Richard. Cependant, mon propos peut-il être considéré comme un apport ou un billet d’humeur ? À vous de juger…
Je reviens sur un article publié il y a un an et réédité le 28 juin dernier : ‘’ Les liaisons…dangereuses ?’’. J’y dénonçais, principalement, le laisser- aller de la plupart des gens dans l’emploi des liaisons et, plus particulièrement, celle reliant le mot ‘’cent’’ assorti ou non d’un ‘’s’’ et ce mot apparu récemment dans notre vocabulaire : ‘’euro’’.
Je rappelais cette règle très simple : cent s’écrit avec un s final s’il est précédé par un nombre qui le multiplie et n’est pas suivi d’un autre nombre. D’où la liaison qui en découle : On doit dire cent-t-euros et deux cents-z-euros.
Je ne m’attendais pas à un succès considérable et, de fait, j’ai continué à entendre, avec la même fréquence, l’absence de liaison dans l’emploi de ces deux mots. J’avais pourtant eu un espoir: Sur Radio France, un linguiste renommé s’était élevé avec vigueur contre l’abandon des liaisons dans le langage courant et, plus spécialement, dans l’association de ces deux mots : cent(s) et euros. Sans aucun résultat apparent malgré une audience bien supérieure à la mienne. La plupart des gens continuant à se désintéresser du problème. Je sais bien qu’il est mineur par rapport à la hausse du coût de la vie ou de la baisse des revenus, par exemple. Est-ce une raison pour le négliger ? Surtout que là, nous avons la faculté de réagir, ce qui n’est pas le cas pour les autres difficultés.
En réalité, tout le monde, ou presque, s’en fout. Entre la première ligne de cet article et le moment où nous sommes arrivés, j’ai dû perdre les trois-quarts de mes lecteurs…
Un exemple illustre cette démission : L’animateur de l’émission de France 3 ’’ Questions pour un champion’’ a découvert, récemment semble-t-il, la bonne prononciation de cent, avec un ‘’s’’, et euros. Il n’a pas encore trouvé celle de cent sans ‘’s’’ et euros mais il va, peut-être y arriver… Dans cette émission quotidienne, il commence par présenter le vainqueur de la veille qui a gagné le droit de participer à la suivante. Il prend un malin plaisir à lui faire citer le montant de la cagnotte. A peu près invariablement, bien qu’ils soient généralement de bon niveau (beaucoup de professeurs dans des matières diverses) les candidats omettent de faire la liaison entre cent(s) et euros. Lepers répète en la respectant, lui, à condition qu’il s’agisse de plusieurs fois cent, sinon il l’oublie. Le candidat, ainsi repris, ne manifeste jamais la moindre surprise et s’il doit, à son tour, répéter la somme, il le fera sans jamais se préoccuper de la liaison.
C’est une tendance générale qui semble irréversible. J’ai même entendu des gens parler en affectant de ne faire aucune liaison - ce qui permet d’éviter de se poser des questions sur l’orthographe…
- Devons-nous nous résigner à parler, bientôt, une espèce de volapük sans règles grammaticales précises ? Jean Pierre Silvestre
Je voudrais joindre ma contribution à la rubrique ‘’Guérir les mots blessés’’ créée par Richard. Cependant, mon propos peut-il être considéré comme un apport ou un billet d’humeur ? À vous de juger…
Je reviens sur un article publié il y a un an et réédité le 28 juin dernier : ‘’ Les liaisons…dangereuses ?’’. J’y dénonçais, principalement, le laisser- aller de la plupart des gens dans l’emploi des liaisons et, plus particulièrement, celle reliant le mot ‘’cent’’ assorti ou non d’un ‘’s’’ et ce mot apparu récemment dans notre vocabulaire : ‘’euro’’.
Je rappelais cette règle très simple : cent s’écrit avec un s final s’il est précédé par un nombre qui le multiplie et n’est pas suivi d’un autre nombre. D’où la liaison qui en découle : On doit dire cent-t-euros et deux cents-z-euros.
Je ne m’attendais pas à un succès considérable et, de fait, j’ai continué à entendre, avec la même fréquence, l’absence de liaison dans l’emploi de ces deux mots. J’avais pourtant eu un espoir: Sur Radio France, un linguiste renommé s’était élevé avec vigueur contre l’abandon des liaisons dans le langage courant et, plus spécialement, dans l’association de ces deux mots : cent(s) et euros. Sans aucun résultat apparent malgré une audience bien supérieure à la mienne. La plupart des gens continuant à se désintéresser du problème. Je sais bien qu’il est mineur par rapport à la hausse du coût de la vie ou de la baisse des revenus, par exemple. Est-ce une raison pour le négliger ? Surtout que là, nous avons la faculté de réagir, ce qui n’est pas le cas pour les autres difficultés.
En réalité, tout le monde, ou presque, s’en fout. Entre la première ligne de cet article et le moment où nous sommes arrivés, j’ai dû perdre les trois-quarts de mes lecteurs…
Un exemple illustre cette démission : L’animateur de l’émission de France 3 ’’ Questions pour un champion’’ a découvert, récemment semble-t-il, la bonne prononciation de cent, avec un ‘’s’’, et euros. Il n’a pas encore trouvé celle de cent sans ‘’s’’ et euros mais il va, peut-être y arriver… Dans cette émission quotidienne, il commence par présenter le vainqueur de la veille qui a gagné le droit de participer à la suivante. Il prend un malin plaisir à lui faire citer le montant de la cagnotte. A peu près invariablement, bien qu’ils soient généralement de bon niveau (beaucoup de professeurs dans des matières diverses) les candidats omettent de faire la liaison entre cent(s) et euros. Lepers répète en la respectant, lui, à condition qu’il s’agisse de plusieurs fois cent, sinon il l’oublie. Le candidat, ainsi repris, ne manifeste jamais la moindre surprise et s’il doit, à son tour, répéter la somme, il le fera sans jamais se préoccuper de la liaison.
C’est une tendance générale qui semble irréversible. J’ai même entendu des gens parler en affectant de ne faire aucune liaison - ce qui permet d’éviter de se poser des questions sur l’orthographe…
- Devons-nous nous résigner à parler, bientôt, une espèce de volapük sans règles grammaticales précises ? Jean Pierre Silvestre
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