Guérir les mots blessés (19)

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LES EXCEPTIONS

 

 

Pour écrire correctement notre langue, nous devons connaître et appliquer un grand nombre de règles et beaucoup d’exceptions.

Récemment, j’ai parlé du mode impératif. J’affirmais que les verbes à terminaison en er ne prennent pas de s final à la 2ème personne du présent de l’impératif.

C’est exact mais il y a des exceptions : tous les impératifs se terminent par un s s’ils sont suivis des pronoms en et y

Exemple : vous avez subi un affront de la part d’un individu infréquentable, vous voulez vous venger mais votre courage est limité par vos possibilités physiques, vous préférez envoyer quelqu’un d’autre au casse-pipe. Vos références littéraires vous permettent de formuler ainsi votre incitation : ‘’Va, cours, vole et nous venge’’. Les verbes aller, voler et venger ayant une terminaison en er ils ne prennent pas de s final à l’impératif, la règle est respectée.

Mais vos souvenirs scolaires ayant tendance à s’estomper, vous avez oublié Le Cid et la tirade de don Diègue. Votre expression est plus moderne : ‘’Vas-y’’ dites-vous à celui que vous chargez de défendre votre honneur.

Bien que dans ces deux phrases le verbe aller soit conjugué à la même personne du même temps du même mode, il s’écrit sans ou avec un s final. selon qu’il est ou non suivi du pronom y.

Même chose pour en : l’un de vos proches a mangé comme un cochon, vous le lui faites remarquer ‘’ta chemise est sale’’ et vous complétez au choix par ‘’change la’’ ou ‘’changes-en, là encore, pas de s ou s final bien qu’il s’agisse toujours de la même conjugaison du même verbe.

Il y a encore d’autres exceptions à cette règle concernant l’impératif et quelques exceptions aux exceptions…

Si, par exception, tous les impératifs se terminent par un s s’ils précèdent les pronoms en et y, ils n’en prennent pas si ces pronoms précèdent un infinitif ! Vous m’avez suivi ?

Pour plus de clarté, je reprends le premier exemple que j’ai cité : pour appuyer l’incitation ‘’vas-y’’ on peut ajouter ‘’va en découdre’’ et ’’vas en enfer !‘’ Corneille n’utilise pas ces formulations mais elles sont grammaticalement correctes.

Afin de ne pas vous donner le tournis, je m’en tiendrai là… Jean-Pierre Silvestre

Pour illustrer l'article, un tableau de Vittorio Reggianini à qui je demande de me pardonner pour avoir rebaptisé son oeuvre dans l'esprit mansardien : "La leçon d'orthographe" .Cat

De son vrai titre: "Poète lisant"

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Q
Merci.Grâce à vousn je ne ferai plus la faute.Je mettais systématiquement un "s" lorsque j'étais à la forme négative.
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J
Cet homme m'étonnera toujours: comment un républicain pur sucre comme lui peut autant promouvoir les exceptions?Parce qu'il est exeptionnel me dites vous? Flatteuse...
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L
Toujours de précieux conseils !!!
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J
Je comprends le désarroi de mes lectrices devant ces subtilités. En relisant cet article, je me suis aperçu que moi-même, je m'étais mélangé les crayons ! J'ai confondu le en adverbe pronominal et le en préposition. J'ai donc commis une faute d'orthographe dans l'exemple : "vas en enfer" Ici l'impératif est suivi du en préposition et non du pronom, il doit donc s'écrire sans s final. Voilà qui ne facilite pas les choses...
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<br /> Oh ben non! je croyais avoir compris....<br /> Allez courage, j'y retourne!<br /> <br /> <br />
:
c'est une belle idée de nous remettre en mémoire ces exceptions !je vais peut être me mettre au chinois qui sait ce sera peut être plus facile !Trinity
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