Guérir les mots blessés (17)
Merci Jean-Pierre de venir enrichir à nouveau cette rubrique, nous commencions à nous laisser aller...
Quand nous nous exprimons verbalement, notre attention est relâchée.
Nous ne cherchons pas à pratiquer un français grammaticalement correct.
Mais il est bien connu que si les paroles s’envolent, les écrits restent et l’écriture est inspirée par le verbe. Elle suit les modes. Certaines sont bénéfiques, elles régénèrent les habitudes, beaucoup d’autres n’apportent rien, elles ne font que corrompre notre langue, à la rendre plus difficilement audible.
Les adolescents ne sont pas avares de ces distorsions, ils ne sont pas les seuls ! Qui prend soin de la construction correcte de ses phrases ? On coupe court !
Exemple : Plutôt que dire ‘’Avez-vous vu quelque chose ?’’ On pense ‘’Vous n’avez rien vu’’ qu’on traduit par ‘’Vous avez rien vu’’. La négation devenant superfétatoire.
C’est ainsi que l’appauvrissement de notre pensée se traduit par celui de notre langue. Pourquoi poser une question dont on connaît la réponse ? Mieux vaut affirmer et l’abandon de la négation renforce le point de vue dont on se fait le défenseur. C’est mauvais pour la grammaire mais c’est bon pour l’affirmation de notre opinion.