Mozart pour Jean-Pierre Silvestre
Pourquoi Mozart?
Et pourquoi pour Jean-Pierre?
Mozart parce que impossible de ne pas l'inclure dans cette liste éclectique. En effet que seraient nos vies sans l'existence de Mozart (et de Bach...)?
Pour vous Jean-Pierre parce que je suis certaine que votre âme humaniste ne saurait rester insensible au destin infiniment triste de ce génie.
Romain Rolland
Musiciens d'autrefois (à propos de la correspondance de Mozart)
«Je viens de relire ses lettres [...] qui devraient être dans toutes les bibliothèques: car elles n'ont pas seulement un intérêt pour les artistes; elles sont bienfaisantes pour tous. Quand une fois on les a lues, Mozart reste votre ami pour toute la durée de votre vie; et sa chère figure se représente à vous, d'elle-même aux heures de peine; on entend son bon rire, enfantin et héroïque, et, si triste que l'on soit, on rougit de s'abandonner, en pensant à cette misère si gaiement supportée.»
Stendhal
Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase
«Rossini amuse toujours, Mozart n'amuse jamais; c'est comme une maîtresse sérieuse et souvent triste, mais qu'on aime davantage, précisément à cause de sa tristesse.»
Sacha Guitry
Toutes Réflexions faites
«Quand on a entendu du Mozart, le silence qui suit est encore du Mozart.»
Hermann Hesse
«Mozart est l'un de ces grands artistes qui n'ont plus vraiment de biographie ni de psychologie, qui deviennent d'une incompréhensibilité totale, d'un mystère magique, du fait que leur personnalité se perd par le haut, se dérobe à nous, tant ils sont absorbés par leur art, par ce qui dépasse l'individuel et le temps.»
Alessandro Baricco
Constellations
«Mozart et Rossini travaillaient exactement comme on travaille à Hollywood. C'est-à-dire d'une façon apparemment exclusivement commerciale, sur commande, et avec de nombreuses contraintes, vraiment idiotes [...]. On ne doit pas imaginer Mozart, Beethoven, Rossini ou Verdi comme des auteurs libres avec leur imagination, leur inspiration, leur fantaisie. Rien de tout ça! Ils étaient des machines à faire de l'argent, et, sous cette contrainte, ils étaient géniaux.»
Dai Sijie
Balzac et la petite tailleuse chinoise
«Mes doigts engourdis commencèrent à parcourir les cordes et les phrases de Mozart revinrent à mon esprit, tels des amis fidèles. Les visages des paysans, si durs tout à l'heure, se ramollirent de minute en minute sous la joie limpide de Mozart, comme le sol desséché sous la pluie, puis, dans la lumière dansante de la lampe à pétrole, ils perdirent peu à peu leurs contours...»
Wolfgang Amadeus Mozart
Correspondance
«Le vrai génie sans cœur est un non-sens. Car ni intelligence élevée, ni imagination, ni toutes deux ensemble ne font le génie. Amour! Amour! Amour! Voilà l'âme du génie.»
Cioran
Le Livre des leurres
«Je viens d'écouter (pour la combien de fois?) le Requiem de Mozart et, dans un mouvement d'enthousiasme, je me suis dit que c'est lui, peut-être, l'homme le plus complet, le plus frivole, le plus profond, qui a su exceller dans les dentelles et dans les ténèbres, et qui est resté aussi pur dans la gaieté que dans l'extrême désolation.»
Albert Camus
Remerciement à Mozart
(extrait de sa dernière chronique dans L'Express, le 2 février 1956)
«Il y a deux cents ans, Mozart... Eh quoi! Mozart au milieu de l'histoire la plus folle et la plus pressante. Mozart devant l'Algérie de la haine, la France de la démission? Justement! Quand le monde fléchit autour de soi, quand les structures d'une civilisation vacillent, il est bon de revenir sur ce qui, dans l'Histoire, ne fléchit pas, mais au contraire redresse le courage, rassemble les séparés, pacifie sans meurtrir. Il est bon de rappeler que le génie de la création est, lui aussi, à l'œuvre, dans une histoire vouée à la destruction.»
Yves Bonnefoy
Dessin, couleur et lumière
«Dans cette Europe au bord de la crise où allait sombrer une société des plaisirs, Mozart a occupé une place que l'on peut dire idéale, celle où l'illusoire et le réel se rencontrent, se heurtent, se laissent saisir par le même regard. [...] Mozart fut, en son point du monde, le miroir où la société tout entière pouvait se refléter.»