Le printemps des poètes (2)
L'autre jour ma fille m'a fait sourire.
Elle m'a dit "à la fac les exopotamies pullulent!"
J'ai demandé "késako les exopotamies?"
Réponse d'un air moqueur " les filles qui font leur garde robe à exopotamie".
J'ai souri parce qu'il y a 28 ans il y avait déjà la tribu des "exopotamies", et j'en faisais partie...
Peut-être certaines d'entre-vous se reconnaîtront dans cette description que j'ai faite et que j'ai voulue teintée d'ironie et de tendresse...
Pour faire briller leurs longs cheveux, du hénné elles abusaient
De longues robes en crépon de coton elles se paraient
De ballerines chinoises à 10 francs ou de sabots elles se chaussaient
Contre le nucléaire elles défilaient
Des effluves d'ambre et de patchouli dans leur sillage flottaient
L'attrappe coeur et L'écume des jours, dans leurs sacs trainaient
La musique de Graeme Allwright les transportait
La légèreté et l'insouciance à la perfection elles cultivaient...
En choeur les vers de Paul Eluard elles déclamaient, main dans la main,
En arpentant les rues du quartier latin :
À PERTE DE VUE DANS LE SENS DE MON CORPS
Tous les arbres toutes leurs branches toutes leurs feuilles
L’herbe à la base les rochers et les maisons en masse
Au loin la mer que ton oeil baigne
Ces images d’un jour après l’autre
Les vices les vertus tellement imparfaits
La transparence des passants dans les rues de hasard
Et les passantes exhalées par tes recherches obstinées
Tes idées fixes au coeur de plomb aux lèvres vierges
Les vices les vertus tellement imparfaits
La ressemblance des regards de permission avec les yeux que tu conquis
La confusion des corps des lassitudes des ardeurs
L’imitation des mots des attitudes des idées
Les vices les vertus tellement imparfaits
L’amour c’est l’homme inachevé. Paul Eluard
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