J'ai lu "La cantine littéraire"

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Samedi vers 11 heures j'ai trouvé le livre de Liza dans la boite aux lettres. Ca tombait bien. J'avais prévu une après-midi calée dans mon fauteuil, un plaid de laine rouge à gauche et mon thé blanc à droite... Dehors c'était la première journée froide et sombre, le décor était planté pour une après-midi cocooning...

Bien sûr je n'ai pas pu résister au désir de commencer ma lecture sitôt le roman déballé. Tant et si bien que j'ai oublié de diner et que vers 16h j'ai tourné avec regrets la dernière page. J'avais une faim de loup. Les papilles en folie. Il faut dire qu'à travers ce roman on nage en plein épicurisme...

C'est une belle histoire  émouvante. Si je devais la qualifier je dirais "douce-amère". Parce que Liza possède ce talent qui consiste à raconter une histoire triste sans jamais tomber dans le "mélo". Et ce grâce à l'humour qui n'est jamais bien loin. (Ô humour politesse du désespoir!)
Une histoire originale au style dépouillé.

La première partie du livre  nous amène à comprendre le cheminement psychologique qui fait que L. accomplira  le rêve de sa vie. Un parcours d'héroïne qui pourrait donner lieu  à un film. 

J'ai encore dans la tête cette chambre sous les toits, au sein de laquelle naitra une amitié je dirais, culinaire;
Puis ce couloir où se réuniront des personnages de toutes nationalités pour tisser des liens fraternels indestructibles.

Ce détail m'a frappée peut-être pour une bonne raison. J'ai vécu quelquepart aux portes de la capitale à la fin des années soixante dix. Dans ma tour aux fenêtres en forme de larme au 7ème étage il y avait un sacré mélange d'humains. Nous qui arrivions de Bretagne sans y être nées, au fond à droite, des polonais,  en face une marocaine et des auvergnats et au fond à gauche des martiniquais. Parfois nous organisions des repas ( j'avais 16 ans et je suivais avec étonnement ces évènements festif). Un jour Liza m'a révélé qu'elle avait elle aussi vécu dans ces tours sans que nous ayons eu le bonheur de nous  rencontrer à l'époque...Drôle de coïncidence. Peut-être  fût-elle également influencée par ce brassage humain  et peut-être est-ce la raison pour laquelle ce passage a résonné en moi comme un lointain et doux souvenir.

J'ai aussi aimé cette idée de cantine dans un endroit improbable fréquentée par de mystérieuses clientes. Ca c'était dans la deuxième partie, la plus émouvante à mon sens. Quand j'ai compris la trouvaille de Liza (dont je ne dévoilerai rien) j'ai été bluffée et me suis dit que c'était énorme et inattendu comme idée. Et bien évidemment comme c'est un bon roman je dois dire que je ne m'attendais pas du tout au dénouement de l'histoire...
Il y a aussi un effet de style particulier concernant les temps employés. Au début le passage du passé au présent m'a un peu surprise, puis je me suis habituée à cet effet et j'ai même fini par adorer le rythme que celà imposait au récit. Dans le passage au présent c'était comme si tout à coup on "zoomait" sur une scène. Les personnages en deviennent plus intimes avec le lecteur et celà créé de belles émotions.  

Voilà mes impressions. J'ai essayé d'être claire sans dévoiler l'essentiel. En tout cas une chose est sûre. Si vous commencez ce roman,
vous n'aurez de cesse de le finir,
votre estomac criera famine du début à la fin,
vous sourirez béatement,
Et vous aurez les larmes aux yeux souvent...
Et surtout vous trouverez que...
la soupe aux poireaux-pommes de terre
a un goût différent,
un goût définitivement littéraire...

                                                                    





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Quichottine 15/12/2009 22:08


Magnifique billet que je découvre grâce à Marie.

Merci !

Je confirme... un livre qu'on ne peut délaisser une fois la lecture entamée.

... et que je n'oublierai pas.

Passe une belle soirée, Cath.


Lizagrece 22/10/2009 11:24


Je viens de lire la réponse que tu as écrite à Jean-Yves ... J'adore ! C'est un très beau compliment ... J'espérais tant que quelqu'un puisse dire que ce livre peut se déguster par petites touches,
comme une friandise que l'on croque ou se dévorer avec gloutonnerie ...


22/10/2009 11:50



C'est comme quand on découvre un plat pour la première fois, on a tendance à le dévôrer. Rien n'empêche d'y regoûter d'une façon plus délicate et d'en percevoir les nouvelles saveurs!



Lizagrece 22/10/2009 11:20


Merci mille fois chère Cath de cet article qui parle si bien de ce roman - et sans dévoiler l'intrigue de la 2e partie  - J'y ai vu là comme  une mise en bouche ... Je n'ai pas pensé -
d'une manière consciente- à la "Tour aux fenêtres en gouttes d'eau"- en l'écrivant ... Mais peut-être que d'une manière inconsciente j'en ai parlé ... J'y enseignais la danse à des enfants de 19
nationalités différentes ...
Merci encore et je suis très heureuse qu'il t'ai plu.
Le passage du passé au présent n'a malheureusement pas été inventé par moi. Barjavel maniait cette "figure de style" avec brio.


22/10/2009 11:48


Barjavel dont j'ai adoré les livres! Je ne me souviens pas de cette figure de style, il faut dire que ça remonte à loin.On a toujours besoin de maîtres de référece pour se créer son propre
style.
Je suis contente que mon article t'ai plu. J'avais peur d'en faire trop ou pas assez!


Mireille 21/10/2009 21:52


Bonsoir Cath.
Tu me donnes envie de le lire. Je suis un peu comme toi quand je commence un livre j'oublie tout je dévore.. Bonne soirée...


22/10/2009 09:44


Tu as raison Lili! Moi la lecture c'est mon prozac...surtout en ce moment.


:0023:TRINITY 21/10/2009 21:09


ho lala !!! tu me mets encore plus en appétit, et dire que je ne l'ai pas encore commandé ce repas littéraire !!! je vais me dépêcher de réparer cet oubli
Merci
Trinity


22/10/2009 09:43


C'est un livre qui je l'espère fera de Liza une auteure reconnue!