
LA MANSARDIENNE
JEAN D.
LIZA
JP SILVESTRE
LILI
JEAN-YVES
TRINITY
LITTERATUS
EDITH
ANTIOCHUS
ANTOINETTE
Martine
Mireille
J.c VINCENT
Qu'en est-il de votre relation au silence? L'aimez-vous, le recherchez-vous ou bien le fuyez-vous comme la peste?...
Ce que je préfère par dessus tout en montagne, c'est aller au bout du bout du chemin...Dépasser les forêts sombres pour parvenir à la récompense : l'estive, plus communément appelée le
pâturage, là où le berger mène les troupeaux qui passeront l'été sur les sommets.
Photo Cat
Ce qui m'attire là-haut? Le silence parfait peut-être.
Mais attention, il ne s'agit pas d'un silence par défaut ni d'une quête d'absence de bruit.
Je cherche à conquérir un silence rare et luxueux qui envahirait chaque parcelle de mon corps et de mon âme.
D'aussi loin que je m'en souvienne, seules les hauteurs sont à même d'offrir la magie du silence.
Et toute conquête digne de ce nom ne se fait pas sans effort...
Une fois parvenue au beau milieu de l'estive, une question cruciale se pose. Le seul soucis de la journée, où poser ses f...?
Quel est le meilleur morceau de granit, plat et lisse de préférence susceptible d'offrir le meilleur point de vue?
Peut-être ce bord de ruisseau est-il plus à même de répondre à mes désirs? Non, le bruit du cours d'eau risquerait de réduire ma quête à néant.
Finalement j'opte pour ces pelouses parfaites et immenses dont on se demande quel
artiste-jardinier les entretient. Un décor tout droit sorti d'un livre de conte propice aux rêveries exquises et au silence vaporeux. Les buissons de chardons qui émergent ça et là signent
le paysage. Et l'homme n'est pour rien dans cette perfection...
Photo Cat
Me voilà installée au milieu des vertes prairies, pieds nus dans l'herbe moussue. Le silence peut arriver...
Vous pensez qu'il s'agit de se détendre et d'ouvrir tout grand ses écoutilles pour y parvenir? Que neni...
Il s'agit d'une conquête et une conquête ne se fait pas sans craintes.
L'endroit semble désert. Mais soudain le son d'une cloche, d'abord lointain, résonne dans la montagne. Le troupeau est encore loin. Puis le tintement de
la clarine s'éteint peu à peu, elles ne viendront pas de ce côté de l'estive aujourd'hui.
Le silence a repris ses droits.
Seulement le bourdonnement des insectes et le vent sur les fleurs.
Tout à coup dans ce décor d'opérette piqueté de fleurs rares au milieu duquel pourrait surgir un inoffensif télétubbbies, un cri inhumain venu du fond des âges
déchire le calme apparent du ciel. Je lève la tête. Mon corps tout entier est tendu. Je remets mes chaussures, instinctivement prête à fuir...
A quelques dizaines de mètres au dessus ils arrivent par dizaines. Des vautours fauves qui tournoient et planent en silence dans un ballet parfaitement orchestré.
Ma peau se hérisse tandis que l'ombre démesurée de leurs ailes assombrit les pentes herbeuses. Certains, les plus curieux, tentent des vols rapprochés, lâchant parfois leur cri
lugubre.
Et c'est à cet instant précis que l'on touche au coeur du silence ...
source photo www.balladeornithologique.com
Et pour vous, ami ou ennemi le silence?