La peinture du matin

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Les nus de Van Dongen :

On m'a reproché d'aimer le monde, de raffoler de luxe, d'élégances, d'être un snob déguisé en bohème - ou un bohème déguisé en snob" (...) "Eh bien oui ! J'aime passionnément la vie de mon époque, si animée, si fiévreuse..." (...)

"Oui,  j'aime ce qui brille, les pierres précieuses qui étincellent, les étoffes qui chatoient, les belles femmes qui inspirent le désir charnel... et la peinture me donne la possession plus complète de tout cela, car ce que je peins est souvent la réalisation obsédante d'un rêve ou d'une hantise..." 


"Devant les filles nues aux châles violents, les critiques ont craché de l'encre. Or ce n'était pas tellement par amour de la couleur stridente que j'opposais les rouges aux verts ; (...) j'allais dans des bistrots ramasser les filles qui, pour un café crème, acceptaient de poser quelques heures. Et ces braves gosses portaient en maquillages hurlants l'enseigne de leur métier sur leur visage. C'est ainsi que naît une réputation, et que l'on devient fauve."  Kees van Dongen

 











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Mireille 19/09/2009 19:23

Van Dongen vient d'un milieu modeste lui aussi.  Il fait beaucoup de tableau avec des modèles du moulin de la galette. C'est bien plu tard qui est introduit dans la haute société et devient le portraitiste de son temps..

21/09/2009 14:03



Je vois que tu as bien creusé le sujet! C'est quand il est devenu portraitiste pour rombières qu'il a perdu son style si particulier !



J-P Silvestre 18/09/2009 15:35

Je partage l'avis de Liza mais ne contredis pas votre réponse ! Toutefois, replacer tout ça dans le contexte de l'époque ne nous dispense pas de le critiquer ni, surtout, de constater les réminiscences de cet état d'esprit chez nos contemporains.Nous pouvons comprendre le mépris affiché par certains intellectuels du 19ème siècle pour les classes "inférieures" de la Société mais nous ne devons pas cautionner la persistance de cette exclusion chez les nantis d'aujourd'hui.Je sais que vous partagez mon opinion. Mon intervention n'est pas destinée à vous critiquer, c'est juste une mise au point.

18/09/2009 16:03


Le débat reste ouvert bien-sûr. Et bien-sûr malheureusement peu de choses ont changé finalement depuis cette époque concernant le statut de ces filles, et n'ayons pas peur de dire que c'est
bien pire aujourd'hui au XXIème siècle en ce qui concerne leur liberté, leurs conditions de "travail" et leur sécurité.
Pour les "nantis d'aujourd'hui", vous avez parfaitement raison!


litteratus 18/09/2009 15:04

En un mot c'est superbe !

18/09/2009 16:03


Merci Litteratus!


lizagrece 18/09/2009 14:10

Non ! bien sûr il n'y a pas matière à boycotter et bien entendu il faut replacer dans le contexte et surtout l'époque ...Ca aide  à mesurer le chemin parcouru et à rester vigilant(e) pour ne pas revenir en arrière

18/09/2009 14:23


Tu as bien fait de lancer le sujet ce matin, ça m'a aidée à me réveiller! lol


Jean-Yves 18/09/2009 12:32

Tout travail mérite salaire, maintenant comment quantifier une tel acte. Poser pour quelqu'un, si génial qu'il soit, cela demande beaucoup de courage et de confiance. Chapeau bas à toutes et à tous ces modèles qui posent qui sans quoi les artistes ne seraient pas ce qu'ils sont. J'espère un jour avoir la chance d'avoir un modéle qui veuille bien poser pour moi... quand j'aurai acquis la technique je ne voudrait pas que mon modélè soit couvert de toile d'arraignée hi hi hi !J'aime beaucoup le premier, pour ce bleu hypnotisant pour moi. J'ai vu un peu de Klimnt dans le quatrième. Et le dernier ne laisse pas indiférent.Jean-Yves

18/09/2009 12:43


Je ne peux que te souhaiter de trouver un modèle qui te corresponde! C'est sans doute une étape importante dans la vie d'un peintre.
On parle du salaire des modèles mais n'oublions pas que bon nombre de peintres de l'époque survivaient dans la misère la plus profonde, Picasso à ses débuts...heureusement qu'ils se sont accrochés
et que certains modèles ont accepté de poser pour rien!
Une chose est sûre, Van Dongen leur a rendu toute leur dignité à ces femmes à travers ces peintures. Il n'y a qu'à voir leur regard. Après...ce qu'il a raconté...